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L'étymologie des points d'acupuncture

 

Les 100 points essentiels d'acupuncture par le professeur He-Pu Ren

 

    Étude des points d'acupuncture de la famille Tung, une traduction inédite de l'ouvrage original

 

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Nei gong xin fa

 

Méthode pour cultiver l'interne


 

Shi er duan jin

 


 


 

    Les Shi er duan jin sont fondamentaux dans les pratiques internes chinoises, autrement connus sous le nom de « Nei gong ». Il s'agit d'un qi gong statique et dynamique dérivé des « Ba duan jin ». Leur but est à la fois la conservation de la santé et le développement spirituel. Les premières traces de ces exercices remontent à la Chine des dynasties Song (960-1279). Ils ont d'abord été publiés de manière anonyme, pour être par la suite repris par différentes écoles. Cette méthode a connu, et connaît toujours, un franc succès. La Chine possède une histoire ininterrompue en matière de recherche de méthodes de longévité et de développement spirituel, pour la plupart fondées sur les piliers du bouddhisme, du taoïsme et de la médecine traditionnelle chinoise.

 


 

Shi er duan jin 

 


 

    Cette pratique regroupe 12 exercices, qui forment les 12 Duàn jǐn, parfois appelés en français les 12 pièces de brocart (à ne pas confondre avec la version debout.


 


 

    1/ S'asseoir en ayant les yeux semi-clos, le cœur apaisé. Rester immobile et calme, afin de poser l'esprit et les pensées.


 


 


 

    2/ Claquer des dents 36 fois puis avaler la salive en 3 déglutitions. Les deux mains maintiennent la tête. Presser les points Feng chi (VB20) avec les deux pouces.


 


 

 

    3/ Battre le tambour céleste 24 fois. Former une caisse de résonance avec les mains en pressant légèrement les oreilles, puis frapper avec les index gauche et droit alternativement l'arrière du crâne, au niveau des points d'acupuncture Nao kong (VB19).

 

 

 


 

    4/ Tourner doucement le cou de gauche à droite et étirer la nuque au niveau du point d'acupuncture Tian Zhu (V10).


 

 


 

    5/ Le dragon rouge remue l'eau et la salive, gargariser 36 fois. Tourner la langue entre les lèvres et les dents dans les 2 sens. Quand la salive est abondante, gargariser et avaler en 3 fois. Le dragon bouge et le tigre le suit aussi tôt. La salive est envoyée vers le bas, le Qì l'accompagne.

 

 

 

 


    6/ Retenir le souffle et frotter rapidement les mains entre elles pour les chauffer, puis masser le bas du dos dans la région des points d'acupuncture Jing men (VB25).


 

 

 

 

    7/ En maintenant une respiration calme, faire descendre le feu du cœur dans la région du Dan tian (Ren4). Expirer lentement par le nez.


 

 

 

 

    8/ Tourner les épaules comme un treuil à gauche et à droite.


 

 

 


9/ Étendre les jambes et joindre les mains pour pousser vers le haut.


 


 

    10/ Courber la tête et attraper ses pieds avec ses mains.


 

 


 

    11/ Se remettre en position 1, attendre que la salive s'accumule dans la bouche. Puis gargariser et avaler en 3 fois. Cela fait 9 gorgées au total : 3 dans la 2ème section, 3 autres dans la 5ème section, puis 3 dernières ici. Les 100 méridiens et collatéraux sont harmonisés.


 

 


 

    12/ L'eau est retournée à la source, penser au feu qui réchauffe le corps. Le cœur et les reins sont harmonisés.


 


 


 

"Les Shí èr Duàn Jǐn, pratiqués diligemment et sans interruption, tiendront les 10000 maladies à l'écart".


 


 


 

 

 

    La primauté de l’exercice n'est pas le consciencieux déroulement des mouvements les uns après les autres en suivant rigoureusement les règles. Il s'agit avant tout d'une pratique méditative. Celle-ci a pour but de calmer l'esprit. En médecine traditionnelle chinoise, et ce depuis le « Huangdi neijing », premier livre historique à ce sujet, l'importance est portée sur la qualité de l'esprit, le shen . La première médecine, c'est la régulation de son esprit.


 

"恬淡虚无,

Tiándàn xūwú

Paisible et désintéressé,

真气从之,

Zhēn qì cóng zhī

Le vrai qì circule librement,
精神内守,

Jīng shén nèi shǒu

L'essence et l'esprit conservés à l'intérieur,
病安从来"

Bìng ān cónglái.

Pour toujours à l'abri des maladies.


 

 

    Toutefois la différence avec l'Occident est flagrante. La régulation de l'esprit passe par des méthodes mixtes. C'est la régulation du corps, et du souffle, le qi, qui amorce celle de l'esprit. Esprit shen, Essence jing, et Souffle qi, ne font qu'un. La pratique des dao yin et de la méditation sont des méthodes pour réunir le ciel l'homme et la terre. Autrement dit, pour profiter de la liberté qu'offre un corps en bonne santé afin d'en raffiner l'essence et de cultiver l'esprit.

 


 


 

 

 

 

    Quelques règles générales restent indispensables pour les pratiquants :


 

    - Lors de la méditation, on peut s'asseoir en tailleur, mais ce n'est pas une obligation. Trouver une position confortable dans laquelle vous vous sentez bien. Inutile de vouloir à tout prix s'asseoir en lotus. Assis sur un coussin les jambes croisées est tout à fait satisfaisant. Les mains peuvent être jointes et disposées sous le nombril, ou encore posées sur les genoux. Écoutez votre corps, mettez vous à l'aise. Le dos est droit mais le menton est légèrement fléchi vers l'avant. Le point Bai hui (Du20)au somment du crâne tire vers le haut, tandis que le sacrum est légèrement intro-versé. Les épaules sont relâchées. Vous êtes détendu mais conservez une bonne structure corporelle. La langue touche le palais au niveau de la liaison des incisives centrales supérieures et du palais. Les yeux sont relâchés mais pas fermés.


 

    - La respiration est naturelle, 自然 zi ran. C'est un, sinon 'le' concept taoïste par excellence. Cela est valable pour tous les exercices de qi gong, dao yin, méditation, taiji quan, etc. Peu importe ce que vous pouvez lire ou entendre, la respiration reste toujours libre et naturelle. Toutefois, elle est calme, régulière et profonde. Cela s'acquière peu à peu. Surtout ne pas forcer la respiration, inutile non plus de lui porter trop d'attention, cela pourrait avoir l'effet inverse de celui escompté. Plus vous êtes détendu et relâché song, second concept clé des pratiques internes, plus la respiration descend naturellement au niveau de l'abdomen et du dan tian. Ce mécanisme est naturel. Il s'acquière avec le temps. Au début, pour réguler sa respiration, il est possible de compter (dans sa tête) jusqu'à 5 en même temps que l'on inspire et à nouveau jusqu'à 5 lorsqu'on expire. La respiration se fait toujours par le nez.

 

    - Enfin, nous l'avons vu, garder un esprit tranquille et calme. C'est la partie la plus délicate et qui occupe une vie entière. 恬淡虚无, Tian dan xu wu. Au moins durant la pratique, l'esprit ne s'attache ni aux pensées, ni aux désirs, ni à quoi que ce soit. Pour ce faire, l'esprit du pratiquant adopte la même attitude que celle de son corps. Il est relâché mais consistant. Une des clés est de contempler sans se fixer, sans juger; et de rester concentré au niveau du Dan tian. Si vous vous sentez envahir par trop de pensées parasites, alors vous pouvez également utiliser la méthode de régulation du souffle en comptant silencieusement durant les inspirations et les expirations. Si vous êtes encore trop agité,  mieux vaut alors différer la pratique.

 


 

    La quantité n'est pas recherchée. Ce n'est pas un processus que l'on peut forcer. Mais avec une pratique consistante et de qualité, les bénéfices se manifesteront d'eux-mêmes.


 

 

"澄其心而神自清".
"Chéng qí xīn ér shén zì qīng".
"Polissez le cœur et l'esprit s’apaisera".

 

 

 

 

 

 

 

Traduit par Raphaël Gallo-Bona, votre praticien à l’Institut Feng Zhen.

www.institutfengzhen.fr

 

 

 

 

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